Convulsion fébrile chez l’enfant : reconnaître la crise, protéger l’enfant, appeler au bon moment
Une convulsion fébrile chez un enfant est très impressionnante, mais elle est le plus souvent brève et bénigne.
Une convulsion fébrile chez un enfant est très impressionnante, mais elle est le plus souvent brève et bénigne. Le plus important, sur le moment, est de protéger l’enfant, de regarder l’heure, puis de repérer les signes qui imposent d’appeler les urgences. Nous y revenons en détail : « Nourrisson et fièvre ».
Ce qu’est une convulsion fébrile, et ce qu’elle n’est pas
La convulsion fébrile est une crise convulsive qui survient pendant un épisode de fièvre, généralement à partir de 38 °C, chez un enfant jusque-là en bonne santé. Elle concerne surtout les enfants entre 6 mois et 5 ou 6 ans, avec un pic fréquent entre 1 et 3 ans, notamment autour de 18 mois.

Elle ne signifie pas automatiquement que l’enfant est épileptique. L’épilepsie correspond à une tendance à faire des crises sans fièvre ou dans des contextes variés. Dans la convulsion fébrile simple, la fièvre déclenche la crise chez un cerveau encore immature et sensible aux variations de température.
Les infections banales de l’enfance, souvent virales, peuvent être en cause : rhinopharyngite, otite, roséole, varicelle ou bronchiolite, par exemple. La hauteur de la fièvre n’explique pas tout. Une montée rapide de la température peut aussi favoriser la crise.
Reconnaître une crise simple et repérer une forme complexe
Une crise typique peut associer une perte de contact, des secousses des bras et des jambes, un regard fixe ou révulsé, une respiration bruyante, parfois une coloration inhabituelle du visage. Après la crise, l’enfant peut être somnolent, mou ou désorienté : c’est la phase de récupération, dite post-critique. Cette phase peut durer un moment, puis l’état de l’enfant revient progressivement à la normale.
Les repères rassurants
Une convulsion fébrile simple est habituellement généralisée et symétrique, touche les deux côtés du corps, dure souvent 1 à 5 minutes et reste en général inférieure à 10 à 15 minutes. L’enfant récupère ensuite, même s’il peut dormir un peu. Le retour progressif à son comportement habituel est un signe rassurant. Pour aller plus loin, voir « Fièvre puis boutons ».
Les signes qui évoquent une crise complexe
La situation devient plus préoccupante si la crise dure 15 minutes ou plus, si elle se répète dans les 24 heures, si les secousses ne concernent qu’un côté du corps, ou si l’enfant ne revient pas à son état habituel. Une crise très prolongée, notamment au-delà de 20 à 30 minutes, nécessite une prise en charge urgente.
| Critère | Plutôt simple | Plutôt complexe |
|---|---|---|
| Durée | Courte, souvent 1 à 5 minutes | 15 minutes ou plus |
| Mouvements | Symétriques, des deux côtés | Focaux, d’un seul côté |
| Répétition | Une seule crise | Plusieurs crises en 24 heures |
| Récupération | Retour progressif à l’état habituel | Somnolence anormale, faiblesse persistante |
Les gestes à faire pendant la crise
La priorité est la sécurité. Allongez l’enfant au sol ou sur une surface stable, loin des meubles, objets durs ou escaliers. Mettez-le sur le côté dès que possible, en position latérale de sécurité, pour aider les sécrétions à s’écouler et limiter le risque de fausse route.
Regardez l’heure dès le début de la crise. Desserrez les vêtements autour du cou et restez auprès de lui jusqu’à la récupération. Ne maintenez pas l’enfant de force, ne mettez rien dans sa bouche, ni doigt, ni cuillère, ni médicament, et ne donnez pas à boire pendant la crise.
Évitez aussi de le couvrir trop. Il faut laisser l’air circuler et ne pas comprimer le thorax. Après la crise, aérez raisonnablement la pièce et retirez une couche de vêtement si l’enfant est trop couvert. L’objectif n’est pas de le refroidir brutalement, mais de laisser son corps réguler la température sans entrave.
Si un médecin a déjà prescrit un traitement d’urgence, comme du diazépam intrarectal pour une crise prolongée, utilisez-le uniquement selon les consignes données à l’avance. N’improvisez pas de dose et ne donnez pas un médicament destiné à un autre enfant.
Quand appeler le 15, le 112 ou consulter rapidement
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si la crise dure plus de 5 minutes, si elle se prolonge ou si vous ne savez pas depuis quand elle a commencé. Appelez aussi en urgence si l’enfant a moins de 6 mois, plus de 5 ans lors d’une première crise, respire mal, devient bleu, présente une raideur de la nuque, des taches violacées sur la peau, une somnolence inhabituelle ou une faiblesse d’un côté du corps après la crise. Sur ce sujet précis, voir « 38 °C rectal chez le bébé ».

Le médecin régulateur vous demandera l’âge de l’enfant, sa température, la durée de la crise, les mouvements observés, l’état de conscience et les antécédents éventuels. Répondez simplement, même si vous êtes paniqué. Ces informations servent à décider entre surveillance, consultation rapide, envoi des secours ou orientation vers les urgences pédiatriques.
Même après une crise courte avec bonne récupération, une consultation médicale est recommandée, surtout s’il s’agit du premier épisode. Le médecin cherchera la cause de la fièvre et vérifiera qu’il n’existe pas de signe d’infection neurologique, comme une méningite ou une encéphalite.
Récidive, fièvre et prévention réaliste au quotidien
Les convulsions fébriles touchent environ 2 à 5 % des enfants. Après un premier épisode, le risque de récidive est d’environ 30 %, surtout si la première crise survient avant 15 mois, s’il existe des antécédents familiaux, ou si la fièvre était encore modérée au moment de la crise.
Traiter la fièvre reste utile pour le confort : découvrir légèrement l’enfant, proposer à boire, maintenir une pièce autour de 18 à 20 °C, et utiliser un antipyrétique comme le paracétamol si indiqué par le médecin ou la notice. En revanche, les antipyrétiques ne préviennent pas de façon fiable les récidives de convulsion fébrile. Ils soulagent, mais ne garantissent pas l’absence de crise.
Le plus utile est d’avoir un plan clair partagé avec les adultes qui gardent l’enfant : où sont les numéros d’urgence, quels gestes faire, à partir de quelle durée appeler, et quel traitement administrer si un médecin l’a prescrit. Cette préparation n’empêche pas toujours la récidive, mais elle permet d’agir vite et de façon plus sûre.











